Après mes premières conclusions sur le style de campagne où j'étais le plus à l'aise, je réfléchis aux éléments de mise en scène. Et quoi de plus évident pour commencer que d'aborder l'usage des figurines et des décors ?
Représenter les personnages n'a de sens que si on représente aussi le décors, puisque le principe est de se faire une idée plus ou moins précise de la position de chaque personnage dans son environnement. Et comme représenter un décors sans y indiquer la position des créatures n'a pas grand sens non plus, je vais donc traiter la question du décors en même temps que celui des figurines.
Les règles de combat de DD5 se passe difficilement d'une bonne visualisation des adversaires, notamment pour gérer les attaques de zone et les attaques d'opportunité.
En dehors des combats, l'usage des figurines n'apporte pas grand chose au jeu, et peut même nuire à l'immersion. La majorité des figurines sont représentées dans des poses de combat (les mages incantent, les guerriers tranchent, les monstres rugissent) qui passent forcément mal dans toutes les situations où les personnages n'ont aucune raison d'avoir leur épée à deux mains brandie au dessus d'eux. Dans un décors d'auberge parfaitement reconstitué, un joueur déclare "Je m'approche de la demoiselle au comptoir pour lui demander si elle habite chez ses parents", puis déplace la figurine de son guerrier en armure lourde, épée et pavois en mains. Ça tombe bien, la figurine de la dame tient une hache sanglante et semble prêt à lui sauter dessus. Ces deux là vont bien s'entendre... Enfin, si on se fie à l'apparence des figurines, qu'on ne leur souhaite pas avoir en dehors d'un combat, naturellement.
L'un des soucis des figurines dans le jeu de rôle, c'est leur pose figée. A la différence d'un wargame ou d'un jeu de plateau où les types d'actions sont limités, un jeu de rôle permet de faire faire tout et n'importe quoi à son personnage. Pour bien faire, il faudrait pour chaque personnage des dizaines de figurines selon son activité et son équipement du moment. Comme ce n'est pas possible, une solution intermédiaire consisterait à choisir des figurines disposant de poses "passe partout" : debout, campé sur ses deux jambes, armes aux fourreau. Mais ce n'est ni le genre de pose que l'on retrouve souvent ni celles qui sont les plus enthousiasmantes à jouer. La solution que j'ai trouvé récemment consiste à se passer de figurines 3D pour jouer avec des jetons figurant le portrait des personnages. J'ai jusqu'ici principalement utilisé des jetons de scrabble en bois, lesquels ont une épaisseur raisonnable et correspondent bien à la taille attendue pour les cartes quadrillées.
Cette solution a encore un défaut : elle demande beaucoup de temps de préparation et ne permet pas (sauf à y consacrer beaucoup de jetons) de représenter des mouvements de foule (quand un affrontement se déroule dans un lieu avec beaucoup de PNJ non combattants). Il faut donc y adjoindre d'autres jetons génériques (en cela qu'ils n'auront pas d'illustration). J'utilise pour cela de petites perles plates en bois avec des lettres (ce sont des perles destinées à faire des bracelets ou des colliers pour les enfants). Armé de ces jetons personnalisés et de ces jetons génériques je peux très facilement représenter n'importe quelle scène sans me soucier de la pose ou de la disponibilité d'une figurine. Les joueurs ne se retrouvent pas à devoir imaginer que la figurine de vampire est en fait un flagelleur mental ou que le chef orc qui a l'air de brandir une hache tient en fait l'épée magique volée au prince. Je n'ai pas non plus à cacher une encombrante horde de figurines derrière mon écran.
📌 Mise en scène - Conclusion 1 : Je joue avec des jetons de portraits pour les PJ et les principaux PNJ et opposants. Je gère les imprévus et la "piétaille" avec des jetons génériques. Je réserve mes figurines 3D aux wargames et aux jeux de société.
Une fois cela posé, que faire du décors lui même ? Je dispose de magnifiques tuiles Dwarvenforge mais je dois reconnaître que leur usage dans une partie de JDR a rarement quelque chose de convainquant. Le principe d'un décors figé s'oppose tout simplement au principe d'imprévu qui est l'un des attraits du JDR. J'ai bien vu sur internet des MJ déployer des aventures entières sur Dwarvenforge, mais il faut pour cela une pièce dédiée, des centaines de tuiles de toutes sortes, un temps de préparation qui se compte en heures, et... surtout... un style de jeu forcément directif. Que fait donc le MJ quand les joueurs sortent des sentiers battus ? Je m'y suis essayé, à petite échelle, pour de petits donjons, sur des sessions courtes, et ça fonctionne bien, mais dès que l'on parle de campagne, ou même de gros donjons, ça ne marche plus. Le décors en 3D trop élaboré n'est donc pas une option à retenir en dehors de la représentation d'éléments individuels (comme un puis, une porte, des caisses, un autel, un sarcophage ou tout autre élément avec lequel le groupe a des chances d'interagir). L'usage d'une carte vierge et de feutres effaçables est encore ce qui fonctionne le mieux, en toutes occasions, et de loin. On peut prendre des notes (marquer par exemple les initiatives et les blessures des combattants), y faire des croquis rapides (pour mieux décrire une situation, un objet ou tout ce qui peut exiger des précisions), et dessiner rapidement un plan. Ma préférence va au tapis quadrillé de Chessex, ou, à défaut, un simple tableau Velleda (lequel est préférable pour les jeux qui se passent de quadrillage). Il existe aussi de nombreuses "battlemap" quadrillées richement illustrées sur Internet ou dans les modules de campagne. Sur la douzaine dont je dispose, je n'ai jamais trouvé l'occasion d'en utiliser plus de la moitié, dont une carte de forêt que j'exploite régulièrement. C'est une option viable à condition de ne pas avoir des joueurs exigeants sur la variété des décors (en forêt, en général, on ne s'en préoccupe pas trop), de se plier à ce qui est représenté (bon, le donjon aura donc des torches éternelles, puisqu'elles y sont illustrées) et d'avoir les ressources pour imprimer à chaque partie de nouvelles planches couleur A3. Je classe donc cette solution dans la liste des options faisables "si la situation se présente", sachant que plus une battlemap comporte de détails, moins il sera facile de l'utiliser (sauf à écrire le scénario en fonction de la carte).
📌 Mise en scène - Conclusion 2 : Je dessine les décors au feutre sur un tapis quadrillé Chessex et complète quand l'occasion se présente avec des éléments Dwarvenforge.






J'ai tout récemment acheté des recueils de "battlemap" : des produits d'excellente qualité de Loke Battle Mats. Les cartes sont assez génériques pour être faciles à intégrer dans la plupart des situations (au lieu d'y inclure trop d'éléments spécifiques, les cartes sont de bonnes bases sur lesquelles rajouter éventuellement des éléments de décors) et on peut dessiner dessus comme sur un Chessex. Je recommande en particulier "The dongeon books of battle mats - set of 2 BM books for rpg" qui permet des assemblages modulaires.
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